Le maniérisme à Mantoue

Après la traversée de merveilleux bocages, arrivée à la gare de Mantoue en pleine transformation. Nous observons les premiers messages contradictoires!

Un peu plus loin, en route pour le centre historique nous découvrons un témoin intéressant du post-maniérisme. A premier vue, rien de particulier. Mais si l’on s’approche des deux extrémités, nous découvrons une grande liberté de l’architecte dans le traitement du lien avec son voisin. Le mot clé est: empiètement.

A gauche, la barrière, les bandeaux, le socle et même le bossage imitant la pierre naturelle sont tirés contre la façade latérale! Toutefois on se demande ce que signifie ce triangle appliqué dans la partie supérieure.

La réponse ne se fait pas attendre. La maison voisine à droite présente ce même motif! De plus, le bossage à aussi été appliqué sur le mur du voisin qui est borgne ici.

A Bologne nous avons aussi vu des empiètements que voici.

Même une partie moins élevée d’une maison s’est accolée à un palais.

A Padoue, un palais s’est même «assis» sur un bâtiment adjacent!

Retournons à Mantoue.

Un peu plus loin, on voit une église reconstruite après la guerre qui a été reconstruite différemment selon la façade concernée. La façade principale présente des colonnes en marbre avec base, chapiteau et architrave appliqués contre la façade en brique. Ces mêmes colonnes n’ont été réalisées qu’en brique dans la façade secondaire. Et le tambour de la colonne lui est tout nu!

La leçon d’architecture continue à Mantoue avec le tout petit neveu du grand Borromini avec son église ‚a le quatro fontane‘, aussi bien dedans que dehors où l’on peut observer un jeu avec les ondulations. Le coin disparaît derrière la colonne ronde et la partie centrale avec la fenêtre s’avance et se retire en même temps. Et ceci seulement avec un jeu de qques centimètres!

Voici la maison de Giuliano Romano, le grand maître du maniérisme. Nous voyons que l’architrave n’est pas supporté par les poteaux mais par des clés de voûte dont l’effet porteur est anéanti par les trous au-dessus d’eux.

Les fenêtres dans les niches quant à elles, ont l’air fausses à cause de leur effet placatif.

Voici le bâtiment phare de Giuliano Romano, le palazzo del Tè aux dimensions tellement gigantesques que cela devient grotesque.

Le rythme des colonnes varie sur toute la façade qui se termine par une double colonne et une travée plus étroite dont la fenêtre est aussi plus petite et en contrebas. Puis, si l’on continue vers l’intérieur les travées sont de plus en plus larges jusqu’à l’escalier qui marque l’axe de symétrie.

Si l’on regarde de plus près les grandes ouvertures, on peut constater que l’architecte s’est bien amusé. Dans le premier détail ci-dessus de la façade latérale, on peut voir qu’elle a été répétée de façon inversée, sous l’ouverture où elle ne sert plus à rien! Sur la façade principale où les ouvertures sont plus hautes, non seulement cette clé est surmontée d’une ouverture, mais encore en plus elle descend, comme si elle était prête à tomber!

Si l’on jette un coup d’œil sous la voûte de la loggia latérale, on peut remarquer que le plafond à cassettes n’est pas vrai – ce sont uniquement des motifs décoratifs – et que les arcs contre le mur ne sont aussi que dessinés!

Même le socle des piliers change d’apparence en changeant de matériau: dorénavant de la brique…

Voici ici la vue de la voûte du plafond vers l’entrée, avec encore un autre motif et de grosses colonnes rondes qui la soutiennent. Quelle fantaisie!

Rendons nous maintenant dans le Duomo réalisé en 1545 d’après un projet de Giuliano Romano qui nous démontre ici qu’il sait aussi gérer l’espace avec maestria. Des rangées de poteaux de la même dimension soutiennent 7 différentes nefs: successivement les chapelles latérales en berceau avec coupole, puis plat en cassettes, en voûte plus large et finalement la voûte centrale beaucoup plus élevée et plus large de type basilical plate, avec cassettes.

Alberti, un architecte lettré qui ne faisait que des projets a dessiné plusieurs dizaines d’années auparavant une église Renaissance, Sant’Andrea. Il s’est inspiré de la basilique Maxensius des romains. Dans le dessin et la visualisation dessous nous voyons que les proportions 1:1 sont appliquées. Ce qui donne une élégance et magnificence exceptionnelle au bâtiment. Malheureusement le es bâtisseurs de l’église eux, n’ont pas appliqué ces proportions mais 1:3. Les architectes des siècles suivants on même ajouté une coupole (réalisée par Juvarra) et des bras en croix. Toutefois cette église est devenue l’exemple de base pour le baroque (cf. Il Jesu à Rome).