Anne Loch

Née le 11 décembre 1946 en Rhénanie, décédée le 24 avril 2014 dans les Grisons, la peintre allemande Anne Loch laisse derrière elle une œuvre incroyablement riche, après une vie de continuelle recherche sur les différentes techniques d’expression: que ce soit la peinture (la plupart du temps acrylique), la photographie ou le collage. La couleur, la nature du support et l’espace sont continuellement source d’inspiration. Ses tableaux se démarquent de toute la production artistique des année 1980 à 2010 par leur taille géante. Choisissant des motifs quotidiens: fleurs, montagnes et paysages, elle les agrandit à un tel point qu’ils tendent à une telle trivialité que celle-ci vascille vers l’irréalisme. Tout d’abord vibrantes de couleurs vives, ses toiles se font bicolores ou même monochromes – surtout après le diagnostic de la grave maladie qui l’emportera en avril 2014.

Dernière trace de couleur en 2013 sur une dernière toile grand format: un violet si profond qu’il vire au noir….

Sa vie est marquée par une oscillation entre besoin d’intégration dans la société – elle se fait rapidement un nom en Rhénanie – et une grande attraction par la solitude et la nature. A cet effet elle met un terme à sa vie de femme mariée (avec un psychiatre) pour partir travailler retirée dans un village des Grisons de 1988 à 2001. Cette période est extrêmement prolifique du point de vue artistique. Les dernières années sont marquées par un amour malheureux qu’elle décrit dans son journal (qui n’est pas encore publié). Elle retourne en Allemagne avant de revenir passer les dernières années de sa vie dans les Grisons.

L’exposition que je viens de voir au centre Paul Klee est la deuxième réalisée après sa mort, principalement sous l’impulsion de l’architecte André Born, en partie en charge de sa succession.