Saintonge 1.2: environs de Poitiers

Carte détaillée de l’est de Poitiers

Après avoir découvert la belle ville de Poitiers, nous nous mettons en route, c’est-à-dire nous prenons le bus en direction de St Savin-sur-Gartempe. Cette bourgade est située au bord d’une rivière sinueuse, la Gartempe. La vue sur le pont qui l’enjambe ne manque pas de charme .

Et surtout, depuis le pont le visiteur bénéficie d’une vue exceptionnelle de l’ensemble du cloître de St Savin.

Le cloître qui hébergeait des bénédictins a été plusieurs fois mis à feu pendant les guerres de religion (dès le 16ème siècle). Grâce à l’intervention de l’infatigable écrivain Prosper Mérimée, l’église (à droite) et les bâtiments reconstruits du couvent (à gauche) subsistent encore aujourd’hui.

La façade avant de l’abbatiale avec l’entrée donne sur une jolie place arborisée

Cette abbatiale achevée par un chœur pourvu de 5 absidioles est un prototype de l’architecture romane poitevine. Cette église-halle présente trois nefs de hauteurs semblables et n’a par la suite aucunement subi l’influence du style gothique.

Elle abrite un cycle de fresques romanes d’une quantité et qualité exceptionnelles – et même tout l’intérieur, y compris les piliers, a été peint dans des couleurs assorties et richement ornementé de motifs imitant des matériaux .

Vue de la nef centrale en direction du choeur, avec le cycle de fresque sur la voûte en demi-berceau

Vue d’une nef latérale et ses voûtes d’arêtes

Vue de la croisée du transept

Détail d’exécution au niveau d’une absidiole donnant sur le pourtour du choeur

Nous quittons cette charmante bourgade pour revenir en arrière, en direction de Poitiers, pour découvrir Chauvigny.

Construite sur un éperon rocheux, la partie supérieure de cette bourgade, qui est la plus ancienne, domine la plaine environnante. Les nobles et riches familles nobles de la région construisirent un château après l’autre sur le haut plateau calcaire circonscrit par un mur d’enceinte .

Les châteaux se succédant les uns aux autres sont tombés en ruine, toutefois le mur d’enceinte est encore partiellement existant aujourd’hui. Ainsi, Chauvigny forme un ensemble fortifié impressionnant d’un grand intérêt.

Dans le noyau du bourg se situait le château où habitaient les évêques et barons de Poitiers. Le donjon a été conservé et est accessible au public.

Voici un autre château dont les murs d’enceinte abritent une grande cour intérieure. A l’arrière, on peut apercevoir l’église St-Pierre, un bijou d’architecture romane poitevine construit un peu plus tard que St Savin.

Vue de l’arrière de l’église avec son choeur. Les volumes sont entièrement recouverts par des coupoles en pierre – sans aucun autre matériau: ni tuiles, ni ferblanterie.

Vue de la nef latérale avec ses barbacanes en pierre, élément repris ultérieurement par Le Corbusier dans son architecture

L’entrée structurée en 2 étages de l’église avec son portail typiquement poitevin dépourvu de tympan.

Vue de la nef centrale de l’église

Vue détaillée du choeur

Les chapiteaux richement ornementés

Puis nous nous rendons dans la ville basse et sa petite église romane Notre-Dame.

Intérieur de l’église-halle dévoilant une architecture dépouillée

De retour à Poitiers, notre curiosité nous pousse cette-fois-ci vers l’ouest avec une première escale à Parthenay.

Au sud de la ville, dans le lieu-dit «Parthenay-le-Vieux» nous découvrons la splendide église romane abandonnée de St Pierre.

Vue de l’église de St Pierre avec l’entrée et les bâtiments conventuels. La tour est couronnée par un clocher octogonal typique de cette région, la Gâtine.

L’église construite en dehors des murs de fortification de la ville avait été attribuée à l’abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne. Les moines de ce couvent bénéficièrent de différents privilèges accordés par les seigneurs locaux dans le but de développer la ville avoisinante. Pari réussi, car Parthenay pu s’enorgueillir de moultes foires et d’importants marchés locaux.

L’église qui n’a pas encore été restaurée est recouverte d’une fine mousse claire qui rayonne littéralement et lui confère un charme très particulier.

Vue détaillée de la partie à droite de l’entrée

Vue détaillée de la partie à gauche de l’entrée

Gros plan sur le dernier chapiteau à gauche avec la fée Mélusine que l’on retrouve taillée 37 x assise dans baquet de bain sur le pourtour de l’arcature du faux-portail gauche

Vue de la cour intérieure du couvent avec l’accès au réfectoire à gauche et la porte latérale d’entrée dans l’église.

Vue intérieure de l’église en direction de la porte latérale sur la cour et d’une absidiole flanquant le chœur. L’architecture de cette église qualifiée de cistercienne est extrêmement sobre et dépouillée.

Vue en direction du choeur: les voûtes en arcs pointus sont caractéristiques à l’architecture cistercienne

Vue détaillée du chœur roman et des voûtes en arc brisé

Vue des voûtes de la nef centrale en berceau et des nefs latérales en demi-berceau que nous allons retrouver dans la cathédrale de St Eutrope de Saintes.

Puis, nous nous rendons dans le centre de Parthenay en passant par le portail de la ville.

La tour de la Citadelle (ou porte de l’horloge), protégeant l’entrée sud de la ville de Parthenay

L’église Ste-Croix bordant la rue menant à la Citadelle

Au centre, nous découvrons un ensemble en art déco composé d’une église et de différents corps de logis groupés autour d’une cour

Puis, l’on passe devant l’église en ruine de la Couldre dont ne subsiste plus que le portail d’entrée.

Dessin représentant l’église Notre-Dame-de-la-Couldre au 19ème siècle

La chapelle des Cordeliers réaffectée comme musée

Pour terminer, nous faisons un détour par Airvault, petite ville appelée Aurea Vallis dans l’antiquité, avant de rentrer à Poitiers. L’église romane de St Pierre, située en plein centre, représente le principal vestige de l’ancienne abbaye des chanoines.

Vue sur le chevet de l’église: collage des styles romans et gothiques qui se poursuit à l’intérieur

Une architecture gothique a été superposée sur la partie inférieure du chœur en style roman

Vue de la nef principale en direction de l’entrée qui a été transformée avec des voûtes gothiques et des claires-voies

Vue d’un bas-côté resté entièrement roman en direction d’une absidiole

Un narthex généreux forme une entrée conviviale, orientée sur le marché couvert

Le marché couvert d’Airvault occupe le milieu de la place centrale

Les vestiges du cloître qui a dû faire faire place à la route

Nous continuons notre périple en direction du sud-ouest de Poitiers.

Notre prochaine et ultime étape aux alentours de Poitiers: Lusignan et Jazeneuil

Depuis Lusignan nous nous rendons tout d’abord à pied à Jazeneuil où nous découvrons l’église Saint-Jean-Baptiste, bel exemple d’art roman du 12ème siècle. L’église bien conservée a été construite au bord de la Vonne dans laquelle elle se miroite. Elle faisait partie d’un petit priorat, lui aussi rattaché à l’influente abbaye auvergnate de la Chaise-Dieu.

Façade avant de l’église avec son accès

Façade latérale de l’église qui clôt la place principale du bourg avec l’entrée désaxée

Façades avant et latérale de l’église Saint-Jean-Baptiste de Jazeneuil

Façade arrière de l’église asymétrique avec une seule absidiole flanquant le chœur

Une source coule sous le chœur de l’église et évoque la présence antérieure d’un sanctuaire celtique. Cette source débouche dans la fontaine de St Macou où étaient immergés les enfants malades et rachitiques et leur guérison invoquée par prière. Ensuite, les eaux traversent un lavoir public, entre-temps reconstruit, se déversant dans la Vonne.

Eglise avec le lavoir à l’arrière

Le lavoir et la Vonne en arrière-plan

Vue de la nef centrale et des bas-côtés qui ont été reconstruits

Vue du transept et du chœur; la source coule sous l’autel

Détail du choeur roman avec une voûte en ogives précurseuse du gothique

Détail de la structure porteuse avec la partie intermédiaire creuse qui sépare les différents systèmes porteurs

Branche latérale de l’église donnant accès à l’absidiole et à la porte désaxée de l’église orientée sur la place du village

Il est temps de retourner à Lusignan où nous attend le bus qui nous ramène à Poitiers. C’est dans cette petite ville que se trouvait le fameux château illustré par les frères Limburg dans un splendide ouvrage paru au 15ème siècle.

L’illustration du mois de mars présentant le château de Lusignan dans les «Très riches heures du duc de Berry»

A l’heure actuelle il n’existe plus que quelques fondations de ce château ainsi que le reste des fortifications de la ville. L’église Notre-Dame et Saint-Junien datant du 11ème siècle, située dans le noyau de la cité historique quant à elle est fort bien conservée.

Vue intérieure de la nef centrale romane avec croisées d’ogives gothiques rajoutées

Vue d’un bas-côté roman extrêmement étroit

Détail du choeur roman avec une voûte en ogives précurseuse du gothique

Vue du transept

Détail de la structure porteuse avec la partie intermédiaire creuse qui sépare les différents systèmes porteurs